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	<title>Archives des Pauline Modrie - Hospitals.be</title>
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	<description>Association Belge des Hôpitaux - Belgische Vereniging der Ziekenhuizen</description>
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	<title>Archives des Pauline Modrie - Hospitals.be</title>
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	<item>
		<title>Un bel exemple de restauration de la biodiversité</title>
		<link>https://hospitals.be/fr/un-bel-exemple-de-restauration-de-la-biodiversite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[OpenGraphy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 16:01:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine #17]]></category>
		<category><![CDATA[Michelle Cooreman]]></category>
		<category><![CDATA[Pauline Modrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ecrit par Michelle Cooreman et Pauline Modrie</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Michelle Cooreman<br></strong>Journaliste secteur de la santé</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pauline Modrie<br></strong>Conseillère en développement durable CHU UCL Namur</p>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Aux Journées de l&rsquo;Architecture en Santé, les 27 et 28 mars derniers à Bruxelles, Pauline Modrie, bioingénieure, conseillère en développement durable au CHU UCL Namur, a présenté un projet de biodiversité sur le site de Sainte-Élisabeth du CHU UCL Namur.</h3>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on associe hôpital et développement durable, on cite souvent prioritairement la réduction des énergies fossiles afin de réduire les gaz à effet de serre. On ignore que la biodiversité est aussi un enjeu majeur pour la santé des patients. Le projet présenté a pour but de « créer un laboratoire d&rsquo;expériences sur la question du lien santé-environnement sur le site même d&rsquo;un hôpital urbain ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dépassement du seuil</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2009, des chercheurs ont publié pour la première fois neuf limites planétaires, le résultat d&rsquo;une étude des processus naturels essentiels pour garantir une vie stable sur terre, processus qui sont impactés par notre activité humaine: le changement climatique, l&rsquo;érosion de la biodiversité, les modifications des utilisations des sols, l&rsquo;utilisation d’eau douce, la perturbation des cycles biochimiques de l&rsquo;azote et du phosphore, l&rsquo;acidification des océans, les aérosols atmosphériques, la diminution de la couche d’ozone, la pollution chimique (l&rsquo;introduction de nouvelles substances, essentiellement de polluants chimiques dans les écosystèmes).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La limite planétaire la plus dépassée est l&rsquo;érosion de la biodiversité. Il y a des liens entre les limites, par exemple le changement climatique va avoir un impact sur le changement dans la biodiversité. La plupart des limites ont été quantifiées et pour chacune d’elles, un seuil qui constitue un point de bascule a été identifié. Le dépassement du seuil va outrepasser l&rsquo;état d&rsquo;équilibre et les conditions de viabilité sur terre ne sont alors plus garanties. Heureusement pour nous, il y a toujours un moment d&rsquo;adaptation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, au niveau du changement climatique auquel nous faisons face Malgré l’impact inévitable d’une augmentation de température sur les conditions de vie sur terre, il est possible de s&rsquo;adapter à un changement de +2°C en prenant toute une série de mesures pour limiter cette augmentation de température. Mais après le point de bascule, ce ne sera plus possible et il faudra subir les conséquences dramatiques du dépassement de cette limite planétaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une érosion fulgurante</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La biodiversité désigne l&rsquo;ensemble des êtres vivants ainsi que des écosystèmes dans lesquels ils vivent. Ce terme comprend également les interactions des espèces entre elles et avec leur milieu. Les bénéfices pour les humains se concrétisent au travers des services écosystémiques que la biodiversité nous rend : de régulation, socioculturels, soutien d&rsquo;approvisionnement…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grace à la biodiversité, nous avons accès à certains médicaments, à certains aliments, à la stabilité de notre système alimentaire, à l&rsquo;efficacité de notre agriculture… pour n&rsquo;en citer que quelques avantages. Ces services écosystémiques sont tirés de fonctions écologiques : la pollinisation, la prédation, la reproduction, la photosynthèse, les synthèses des molécules qui sont elles-mêmes fournies par les espèces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les services de régulation sont nombreux et aussi importants dans l&rsquo;urbanisation: régularisation des inondations, contrôle des érosions, recyclage des déchets organiques, production d&rsquo;oxygène, pollinisation, régulation des maladies, traitement des eaux usées, maintien de la fertilité des sols… Entre 1970 et 2007, la terre a perdu 39% de ces espèces et, en 2018, une estimation parle d&rsquo;une perte d&rsquo;environ 69% des invertébrés partout dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La disparition normale des espèces oscille entre 0,1 et 1 espèce par million d&rsquo;espèces et par an, mais aujourd&rsquo;hui nous avons dépassé cette limite et nous perdons 100 espèces par million d’espèces et par an. Une érosion fulgurante et à tous les niveaux : par exemple, dans le monde, 75% de l&rsquo;alimentation de la population mondiale provient de 12 espèces végétales cultivées et 5 espèces animales uniquement, ce qui fait s’interroger sur la stabilité et le risque de maladie de ces espèces et, par conséquent, sur l&rsquo;alimentation mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quid de l&rsquo;hôpital ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">50% des causes de l&rsquo;érosion de la biodiversité serait lié à la destruction des habitats (par l&rsquo;agriculture et les déforestations, mais aussi par l&rsquo;urbanisation et le changement dans l&rsquo;occupation des sols) et à la surexploitation des ressources. Autres causes: le changement climatique, la pollution de l&rsquo;eau, de l&rsquo;air et des sols, et les espèces envahissantes. On estime au total que 75% de l&rsquo;espace terrestre a été altéré par l&rsquo;homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Dans notre stratégie de développement durable au CHU UCL Namur et plus globalement de notre responsabilité sociétale dans la décarbonation des soins de santé en 2050, nous avons décidé d&rsquo;inclure dans les enjeux l&rsquo;érosion de la biodiversité et des pollutions avec des études sur les rejets dans les eaux des micropolluants et, dans le projet qui nous concerne ici, la création de couloirs écologiques autour des infrastructures hospitalières tout en instaurant des lieux de sensibilisation au lien santé-environnement », explique la responsable du projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Nous avons choisi l&rsquo;hôpital le plus urbain dans notre groupe, le site de Sainte-Élisabeth, une structure en béton dans un environnement pas très vert, avec des rues assez polluées aux alentours. Le but de notre projet &#8211; soutenu par la Mutualité chrétienne &#8211; est d&rsquo;agir sur les déterminants de la santé en renforçant le lien santé-environnement et le lien social. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;objectif est triple :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Augmenter la biodiversité autour du site de Sainte-Élisabeth ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">travailler avec une entreprise de travail adapté (l’Atelier Namur) pour augmenter les compétences au niveau biodiversité de ses travailleurs qui sont très actifs dans la région de Namur &#8211; les premières formations menées par «Nature In Progress» montrent qu&rsquo;il y a un intérêt spécifique et une connexion à la nature qui peut être particulière chez des travailleurs porteurs de handicap ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">créer des liens sociaux en favorisant l&rsquo;intergénérationnel et les contacts entre différentes couches sociales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois étapes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En pratique, le but est d&rsquo;aller vers un laboratoire d&rsquo;expérience en trois étapes. La première, déjà en route, est l&rsquo;aménagement sur le site de Sainte-Élisabeth. Les plantations sont faites mais doivent encore pousser. La deuxième étape n&rsquo;a pas encore eu lieu: les travailleurs de l&rsquo;entreprise de travail adapté, grâce à leurs nouvelles compétences déjà mises en œuvre sur le terrain, vont pouvoir proposer un projet d&rsquo;aménagement du jardin de la pédiatrie qui renforce la biodiversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;objectif pour 2023 est d&rsquo;avoir un accompagnement pédagogique pour cette étape. Enfin, la troisième étape consistera à établir une collaboration avec une maison de repos qui va recevoir une enveloppe pour travailler à la biodiversité et collaborer avec les travailleurs de l&rsquo;Atelier afin de permettre un réel ancrage pédagogique et pérenniser cette démarche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les modifications en cours</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">En termes de sensibilisation au lien santé-environnement, il est intéressant d&rsquo;inclure dans le projet une approche pédagogique avec le placement de ruches en toiture &#8211; tout en choisissant bien les espèces d&rsquo;abeilles pour éviter la compétition avec d&rsquo;autres types d&rsquo;insectes.</h3>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le point de départ du projet a été un audit de la biodiversité. Il a montré que le site de Sainte-Élisabeth est bâti avec un faible coefficient de biotopes par surface. Cependant, le potentiel de biodiversité y est énorme, principalement en raison de la présence de la Citadelle sur les hauteurs de Namur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Par exemple, dans le bac d&rsquo;un charme à l&rsquo;entrée de l&rsquo;hôpital, nous avons retrouvé une espèce d&rsquo;orchidée sauvage très rare en Belgique, probablement sur place grâce à des graines qui sont descendues de la Citadelle. Un autre élément est le faucon pèlerin qui est présent à la Citadelle et qu&rsquo;on peut attirer par le placement de nids potentiels sur les façades du site afin de créer ce bagage écologique et renforcer la possibilité pour les espèces de subsister. Deuxième avantage, le faucon pèlerin est un bon prédateur des corneilles et des pigeons qui provoquent des dégâts en toiture. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des années, l&rsquo;esthétique a été privilégiée par rapport à la biodiversité, raison pour laquelle les types de végétation envahissante représentant peu d&rsquo;intérêt au niveau de la biodiversité, souvent très allergisants, seront remplacés par des espèces plus indigènes. Tout autour de l&rsquo;hôpital les « carrés oubliés » seront aménagés pour constituer un maillage écologique et faire le relais de toutes les espèces intéressantes retrouvées notamment sur la Citadelle. Certaines façades pourraient être végétalisées afin d&rsquo;arriver à un beau visuel, et en même temps présenter un intérêt majeur pour les insectes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On envisage de remplacer les petits gazons, souvent brûlés par le soleil (par exemple dans la rue qui mène à l&rsquo;entrée), par des espèces de plantes favorisant la biodiversité, et pour les plus grands espaces de créer des zones fleuries demandant peu d&rsquo;entretien. Dans les bacs à l&rsquo;entrée de l&rsquo;hôpital, des espèces indigènes au pouvoir médicinal sont prévues, comme l&rsquo;if commun, utilisé dans la recherche pour la lutte contre le cancer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;arrière de l&rsquo;hôpital, la protection des marronniers est primordiale pour conserver un minimum de verdure dans cette zone industrielle. Cependant, aux pieds des arbres, les mousses peuvent être avantageusement remplacées par des espèces adaptées à cette zone ombragée, par exemple, la petite pervenche, l&rsquo;anémone sylvie ou encore la ficaire fausse-renoncule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la cour intérieure fortement fréquentée par le personnel soignant, il est prévu de placer des bacs qui vont renforcer l&rsquo;aspect végétal avec des plantes indigènes intéressantes pour la biodiversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En termes de sensibilisation au lien santé-environnement, il est intéressant d&rsquo;inclure dans le projet une approche pédagogique avec le placement de ruches en toiture &#8211; tout en choisissant bien les espèces d&rsquo;abeilles pour éviter la compétition avec d&rsquo;autres types d&rsquo;insectes. L&rsquo;approche pédagogique avec des panneaux d&rsquo;information permettra d&rsquo;être un laboratoire d&rsquo;expériences également pour l&rsquo;entreprise de travail adapté et pour les faire augmenter en compétences à ce niveau.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Création d’espaces de sensibilisation santé-environnement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« L&rsquo;érosion de la biodiversité n&rsquo;est pas un fait anecdotique à l’échelle planétaire. C&rsquo;est une limite qui est dépassée bien plus que toutes les autres. Travailler sur la décarbonation et le changement climatique est indispensable &#8211; il y a urgence à le faire -, mais arriver dans un monde à plus de degrés dans lequel on continue à faire disparaître les espèces (ce qu&rsquo;on appelle la sixième extinction de masse*) n&rsquo;est pas intéressant en termes de viabilité et de vie sur terre. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Créer des espaces de sensibilisation santé-environnement dans l&rsquo;hôpital où il y a un flux important de patients et de visiteurs et ramener la biodiversité sur le lieu où on prend soin de sa santé est motivant aussi philosophiquement avec tous les cobénéfices que cela peut avoir (embellissement, entretien réduit, gestion des nuisibles, aspects socioculturels), » conclut Pauline Modrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">*Nom donné habituellement à l&rsquo;extinction massive et étendue des espèces durant l&rsquo;époque contemporaine, toujours en cours.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>« Le CHU UCL Namur veut être dans les 5% »</title>
		<link>https://hospitals.be/fr/le-chu-ucl-namur-veut-etre-dans-les-5/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[OpenGraphy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 15:48:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine #17]]></category>
		<category><![CDATA[Michelle Cooreman]]></category>
		<category><![CDATA[Pauline Modrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ecrit par Pauline Modrie et Michelle Cooreman</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Michelle Cooreman<br></strong>Journaliste secteur de la santé</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pauline Modrie<br></strong>Conseillère en développement durable CHU UCL Namur</p>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Attachée à la direction générale du CHU UCL Namur, Pauline Modrie, bioingénieure, a été engagée pour une nouvelle fonction au sein du groupe hospitalier, celle de « conseillère en développement durable ». Le monde est en pleine mutation face aux défis/enjeux climatiques et le secteur de la santé ne peut pas rester les bras croisés. Comment cette fonction peut-elle aider l&rsquo;hôpital à relever les défis de sa pratique quotidienne ?</h3>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">« Le secteur de la santé doit s’engager dans le développement durable pour différentes raisons », explique Pauline Modrie. Selon l’OMS, les changements climatiques sont, aujourd’hui, la plus grande menace pour la santé de l&rsquo;humanité. Nos infrastructures aussi sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques (inondations, sécheresses, etc.). Prendre en compte cet enjeu majeur à l’hôpital est donc avant tout une question de risk management.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une deuxième raison se rapporte à l&rsquo;éthique. La pratique du soin aujourd’hui peut-elle encore ignorer la pression sur l&rsquo;environnement et l’exploitation des ressources qui amène inévitablement à dégrader les conditions de vie des patients les plus vulnérables qu&rsquo;on essaie de soigner par cette même médecine ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, certains chiffres montrent que les soins de santé en Belgique représentent jusqu’à 7,7% de l&#8217;empreinte carbone nationale. À l&rsquo;échelle mondiale, la moyenne est de 4,4%, ce qui n&rsquo;est pas négligeable. De plus, l&rsquo;hôpital, exerçant un rôle de modèle dans la société, ce qui s’y passe est dès lors important pour les changements sociétaux. Il est généralement estimé que pour qu’un changement de société opère, il suffit de 5 à 10% de la population pour constituer le point de bascule. Pour toutes ces raisons, il est important de travailler au développement durable à l&rsquo;hôpital .»</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le chemin de Pauline Modrie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le déclencheur de l’engagement de Pauline Modrie est l’exposition « Vivre ou survivre : un état des lieux de notre planète » au Musée des Sciences Naturelles de Belgique quand elle avait 15 ans. « J&rsquo;ai été bouleversée par cette exposition et j&rsquo;ai acheté le livre du même nom, que j&rsquo;ai toujours. Par après, j&rsquo;ai choisi des études de bioingénieur. Au cours de ces études, les étudiants sont fort sensibilisés à la biosphère, aux sciences de la terre, à tout le rapport à la terre, même si dans les études d&rsquo;ingénieur agronome &#8211; appelées ainsi à l&rsquo;époque &#8211; on apprenait aussi certaines pratiques agricoles qui ne sont pas forcément durables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a 20 ans, la dynamique autour du changement climatique prenait son élan. Jean-Pascal Van Ypersele que j&rsquo;ai eu comme professeur de climatologie, nous en parlait déjà. J&rsquo;ai fait ma thèse à l&rsquo;UCL sur les transferts de gènes de virulence entre bactéries, et travaillé un peu sur les biopesticides. Engagée chez GSK pour travailler sur les aspects de risk management, j&rsquo;avais déjà envie de pousser certains projets de développement durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Arrivée à l&rsquo;hôpital, en 2016 à Ottignies, j&rsquo;ai eu l’occasion de participer à l’installation d’un prototype d&rsquo;épuration de micropolluants, développé par un ami de thèse. La station d&rsquo;épuration a été installée et s&rsquo;est révélée ultra efficace en éliminant jusqu’à 90% des résidus médicamenteux. Il y a eu des communications sur le sujet, et cela a fait beaucoup de bruit, les gens étaient intéressés et voulaient soutenir le projet. Ayant par la suite déménagé dans la région de Namur, j&rsquo;ai eu l’occasion de rencontrer le CHU UCL Namur lors d’une journée des cadres sur le développement durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un poste de conseillère en développement durable a ensuite été créé et j’ai eu la chance d’être recrutée. Le travail est super intéressant. Il y a cet aspect de coopération au-delà de tous les aspects de marketing hospitalier ou de politique de réseaux que j&rsquo;aime bien. Quand on travaille avec des gens dans le développement durable, on a vraiment besoin de la coopération et je me rends compte que la coopération est hyper efficace pour tout le monde, y compris pour celui qui partage son travail. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;écoconception des soins</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre principes sous-tendent le rôle de la bioingénieure dans l&rsquo;hôpital afin d’obtenir la durabilité recherchée: capitaliser sur les défis et les acquis, renforcer les bonnes pratiques et faire émerger des projets, renforcer la capacité d&rsquo;action des collaborateurs, les collaborations internes et externes, et chercher à avoir un impact sur la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’augmentation de la capacité d&rsquo;action des collaborateurs est un principe important car ce qui impacte le plus le climat dans les soins de santé est principalement lié aux décisions que les responsables/soignants/ acheteurs vont prendre concernant notamment les médicaments, les dispositifs médicaux, la durée de vie des équipements, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de pouvoir travailler à toute cette partie, il faut que les personnes qui s&rsquo;y consacrent sur le terrain puissent faire des propositions écoresponsables et alternatives si possible. Un exemple: «Au bloc opératoire sur le site hospitalier de Godinne, l&rsquo;écoconception de la procédure d&rsquo;anesthésie a été abordée. À chaque étape, les anesthésistes ont réfléchi à ce qui était vraiment utile, quelles étaient les possibilités de réutilisation ou de substitution par des alternatives moins polluantes et comment revaloriser les déchets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parfois, une revue de la littérature permet simplement de retirer certaines choses, ou il suffit de remplacer des gaz anesthésiants par des gaz ayant un impact différent. Pour réaliser cette démarche, il est indispensable de faire monter les responsables en compétences concernant ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;écoconception des soins. Cela nécessite des formations. Nous avons un important programme de formation afin de sensibiliser tous nos cadres au développement durable. À cette fin, nous avons mis en place un laboratoire d&rsquo;idées où nos collaborateurs travaillent autour de l&rsquo;écoconception. Avec un financement de la Fondation Roi Baudouin, nous travaillons également à la conception d’un jeu à destination de tout le personnel pour stimuler cette capacité d&rsquo;action. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens ne se rendent pas toujours compte qu’il ne suffit pas uniquement de trier les déchets et de consommer moins de papier pour avoir un impact important sur la décarbonation des soins. Il faut le savoir mais surtout y remédier. Cet aspect méthodologique nécessite une personne pour donner et constituer les formations, cela fait partie du travail de Pauline Modrie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Selon l’OMS, les changements climatiques sont, aujourd’hui, la plus grande menace pour la santé de l&rsquo;humanité</h3>
</blockquote>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Renforcer les collaborations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En matière de transformations durables, la coopération est un principe capital, tant les collaborations en interne qu&rsquo;avec d&rsquo;autres institutions de soins. «Au CHU UCL Namur, nous échangeons énormément avec les autres hôpitaux, et pas uniquement en ce qui concerne le développement durable mais à tous les niveaux. Je me dis que ce n&rsquo;est pas parce que les autres sont bons que notre travail sera moins bon, que du contraire. C&rsquo;est bénéfique pour tout le monde, y compris pour moi, et ces échanges font vraiment avancer nos bonnes pratiques de manière fulgurante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous collaborons aussi avec des associations, par exemple avec Health Care without Harm (cf. numéro précédent du magazine), nous partageons des études de cas, nous avons accès à des vidéoconférences, etc. Nous collaborons également avec l&rsquo;UNESSA, notre fédération d&rsquo;hôpitaux, pour essayer de maximiser le partage des bonnes pratiques et avec le SPF Santé pour des enquêtes sur la circularité, les achats… Nous avons aussi le devoir de donner de l&rsquo;input pour qu’à l&rsquo;échelle des autorités les décisions prises aillent dans le bon sens. Je gère tout l&rsquo;aspect collaboratif dans mon travail. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">On est allé trop loin, trop vite en passant au tout jetable, sans prendre en compte les limites planétaires</h3>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Avoir un impact sur la société</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour renforcer ce rôle d&rsquo;effet boule de neige et d&rsquo;effet bascule dans la société concernant les changements à adopter, deux approches sont privilégiées :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Organiser des conférences de sensibilisation sur le sujet </strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, le 13 juin, le CHU UCL Namur a organisé sur le site de Godinne les premières «Assises de la transformation durable des institutions de soins», en collaboration avec le groupe Santé des Shifters* Belgique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a eu des conférences phares sur le lien climat-santé, avec Emmanuel André, une conférence sur l&rsquo;approche systémique de la transformation durable dans les hôpitaux, des ateliers pratiques sur comment calculer son empreinte carbone, sur la pédagogie de la transition, sur la fresque du climat, sur toutes les interactions autour du changement climatique, suivies de courtes présentations sur l&rsquo;écoconception des soins et enfin une table ronde. Ce genre d&rsquo;événement est important en termes de sensibilisation.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Stimuler la recherche autour des thématiques liées au développement durable</strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">« En tant qu’hôpital universitaire, initier de la recherche fait partie de notre mission. Nous avons décidé de nous focaliser pour le moment sur les micropolluants. Suite à la prise d&rsquo;un médicament, 70% se retrouve dans les eaux usées. L&rsquo;hôpital n&rsquo;est pas l&rsquo;unique problème, mais c&rsquo;est un endroit où sont consommées beaucoup de molécules et où on peut illustrer les effets en amont &#8211; comment réduire l&rsquo;évacuation de tous ces médicaments qui vont être excrétés via les urines, le nettoyage, etc. &#8211; et en aval &#8211; toute la problématique de l&rsquo;épuration des eaux usées entre autres. Nous avons un projet de recherche en cours sur la caractérisation de nos effluents; un autre projet démarre avec un étudiant en médecine qui consacre son TFE à « comment intégrer dans le choix de nos médicaments les aspects de persistance &#8211; toxicité – et de bioaccumulation dans notre environnement. »»</p>



<p class="wp-block-paragraph">*Le Shift Project est un think tank en France qui a rédigé des rapports et des plans de transformation de l&rsquo;économie française. Pour tous les secteurs essentiels de la société &#8211; aussi pour les soins de santé -, ils ont déterminé le plan à adopter pour les décarboner, notamment en travaillant sur chacune des parties avec des actions concrètes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les enjeux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En travaillant sur ces quatre aspects, le but est de répondre à deux enjeux principaux: (1) la décarbonation des soins de santé pour limiter nos émissions de CO2 mais aussi mitiger/réduire notre dépendance aux énergies fossiles, sachant qu’on ne pourra prochainement plus capitaliser sur une énergie carbonée et (2) éviter l&rsquo;érosion de la biodiversité et nos pollutions, ce qui est lié en partie aux résidus médicamenteux dans les effluents mais aussi aux aménagements favorisant la biodiversité. Aux Journées d&rsquo;Architecture en Santé (JAS), Pauline Modrie a présenté un projet de biodiversité réalisé sur le site hospitalier de Sainte-Élisabeth, choisi expressément parce qu&rsquo;il est très urbanisé (cf. encadré).</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ce n&rsquo;est pas la mission de l&rsquo;hôpital d&rsquo;installer des hôtels pour insectes et des ruches, c’est bien plus fondamental : créer des lieux privilégiés de sensibilisation aux liens santé-environnement, à notre rapport à la nature. Quand on parle de développement durable, on peut rester dans la strate technique et penser qu&rsquo;en décarbonant, tout ira bien. Mais cela ne fonctionne pas ainsi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut s&rsquo;interroger sur le modèle de société voulu et le rapport à la nature désiré. Il faut presque aussi intégrer une approche philosophique dans tout cela et c&rsquo;est un peu mon rôle dans l&rsquo;hôpital en travaillant sur les quatre aspects cités: capitaliser sur les défis et les acquis, renforcer les bonnes pratiques et faire émerger des projets, renforcer la capacité d&rsquo;action des collaborateurs et les collaborations, et avoir un impact sur la société, notamment avec la question de la recherche. Mon rôle est aussi d&rsquo;aller chercher des financements pour des projets et j’établis régulièrement un cadastre de tous les appels à projets. En 3 mois, j&rsquo;ai obtenu 94.000 euros de budget pour arriver à réaliser nos projets. Il y a moyen de créer une dynamique vertueuse autour du développement durable. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Nous avons un important programme de formation afin de sensibiliser tous nos cadres au développement durable</h3>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Impacts en cascade</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sans opposer le dogme croissance-décroissance en évoquant les avancées thérapeutiques et diagnostiques des dernières années vs le développement durable, il est plus judicieux de parler de renforcer la circularité et une meilleure utilisation des ressources, toujours dans l’intérêt du patient avec pour objectif la qualité et la sécurité des soins. Par exemple, la dynamique de déprescription des médicaments dans l’intérêt du patient est aussi très importante, au niveau de son impact environnemental et de la qualité des soins. Car ce sont surtout les médicaments qui vont impacter le bilan carbone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il dès lors revenir en arrière concernant le matériel jetable?</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Oui, effectivement, il ne faut pas se le cacher, j&rsquo;appelle cela les initiatives « retour vers le futur ». On est allé trop loin, trop vite en passant au tout jetable, sans prendre en compte les limites planétaires. Aujourd&rsquo;hui, on dit stop et on se rend compte qu’on ne faisait pas si mal avant. De plus, il est vrai qu&rsquo;on est passé au tout jetable essentiellement pour une question de prix et pas forcément pour une question de qualité. Mais ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on est dans le réutilisable qu&rsquo;on n&rsquo;est pas dans la qualité. Quand on aborde une thématique d&rsquo;écoconception, les gens la prennent souvent sous l&rsquo;angle des déchets, qui en fait ne représentent qu’une partie mineure de l&rsquo;impact. Par contre, il est intéressant de travailler sur les déchets parce que cela permet (1) de prendre conscience de ce qu&rsquo;on consomme, (2) puis d&rsquo;examiner la possibilité de remplacer la chose achetée par une autre plus durable, (3) ou de la réutiliser et (4) finalement peut-être la supprimer totalement, en montant dans l&rsquo;impact à chaque fois. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fonction dans chaque hôpital ?</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">« Pour arriver à un grand changement de société, il faut qu’environ 5% de la population adopte le changement et en parle. Le CHU UCL Namur veut être dans ces 5%, pour notre hôpital et pour la société. » | Pauline Modrie</h3>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pauline Modrie plaide pour l&rsquo;engagement d&rsquo;un conseiller en développement durable dans chaque hôpital. Il faut une personne qui pilote de manière stratégique pour obtenir l&rsquo;effet boule de neige. «Le fait de rapporter à la direction générale me donne vraiment un levier d&rsquo;action qui devient intéressant. Il faut garder le cap de la stratégie même si je suis très partisane du résultat et d’améliorer des petites choses qui permettent d’avancer.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;objectif final doit être un changement de culture et une montée en compétences. Le monde change d&rsquo;époque et les personnes ont envie d&rsquo;agir. Tous les aspects &#8211; formation, collaboration, recherche &#8211; aident à s&rsquo;adapter. Zakia Khattabi, la ministre fédérale du Climat, de l&rsquo;Environnement, du Développement durable et du Green Deal, s&rsquo;est engagée lors de la COP 26 à atteindre une neutralité carbone en 2050. C&rsquo;est l&rsquo;objectif que nous avons tous au niveau de la décarbonation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Cependant, il ne faut pas travailler uniquement sur la décarbonation, il y a la biodiversité, les polluants chimiques, qui sont pour moi tout aussi importants et qu&rsquo;il ne faut pas oublier. Il ne faut pas que nos politiques ne voient que l&rsquo;aspect carbone parce que nous ne pouvons pas continuer à polluer l’eau en masse pendant des années sans générer d&rsquo;autres soucis, notamment au niveau de la santé. Arriver à la neutralité carbone ne dépend pas que de l&rsquo;hôpital, les firmes pharmaceutiques doivent aussi décarboner tous leurs processus, il faut que les autorités publiques nous accompagnent. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Au début, cela me frustrait énormément que tout le monde ne s&rsquo;y mette pas. Maintenant, je sais que pour arriver à un grand changement de société, il faut qu’environ 5% de la population adopte le changement et en parle. Le CHU UCL Namur veut être dans ces 5%, pour notre hôpital et pour la société. »</p>
<p>L’article <a href="https://hospitals.be/fr/le-chu-ucl-namur-veut-etre-dans-les-5/">« Le CHU UCL Namur veut être dans les 5% »</a> est apparu en premier sur <a href="https://hospitals.be/fr/">Hospitals.be</a>.</p>
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