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	<title>Archives des Environnement - Hospitals.be</title>
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	<description>Association Belge des Hôpitaux - Belgische Vereniging der Ziekenhuizen</description>
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	<title>Archives des Environnement - Hospitals.be</title>
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	<item>
		<title>Le recyclage du PVC dans le secteur médical</title>
		<link>https://hospitals.be/fr/le-recyclage-du-pvc-dans-le-secteur-medical/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[OpenGraphy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 15:54:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine #17]]></category>
		<category><![CDATA[Michelle Cooreman]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ecrit par Michelle Cooreman, Journaliste secteur médical</p>
<p>L’article <a href="https://hospitals.be/fr/le-recyclage-du-pvc-dans-le-secteur-medical/">Le recyclage du PVC dans le secteur médical</a> est apparu en premier sur <a href="https://hospitals.be/fr/">Hospitals.be</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Michelle Cooreman<br></strong>Journaliste secteur médical</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Le PVC est un type de plastique fortement utilisé pour les applications médicales et continuera encore probablement à l’être dans les années à venir. Les hôpitaux sont dès lors confrontés à une grande quantité de déchets en PVC provenant du matériel médical à usage unique. Dans la quête de solutions durables, le recyclage du PVC est préféré à son incinération. Les Cliniques de l’Europe (Bruxelles) ont pris les devants en la matière et les résultats d’un projet pilote d’une durée d’un an, VinylPlus® Med, se sont révélés supérieurs aux attentes.</h3>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La première utilisation du PVC dans le secteur médical remonte à la guerre de Corée où un conteneur pour le sang (autre que le verre) s’est avéré nécessaire pour les transfusions sanguines dans les hôpitaux de campagne. Ce conteneur devait résister aux largages des avions. De plus, le sang contenu dans les poches en PVC pouvait être stocké pendant 49 jours. Les plastiques PVC à usage unique étaient un substitut précieux aux produits multiusage de l’époque parce qu’ils permettaient d’éviter la contamination croisée, que leur coût était bas, leur fabrication relativement facile et qu’ils offraient de très nombreuses options novatrices.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le PVC à l’hôpital</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les hôpitaux, près de 30% du plastique utilisé dans les dispositifs médicaux est du PVC, les 70% restants se répartissent entre 10-15 autres polymères. Une grande partie du matériel à usage unique est fabriquée en PVC: toutes sortes de tubulures (oxygène, irrigation, aspiration, cathéter), poches (sang, IV, dialyse), masques (oxygène, anesthésie, laryngé), plaquettes de pilules.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PVC est également utilisé dans des équipements hospitaliers à usage à long terme comme des housses de protection des matelas, du matériel de diagnostic et de test, des applications pour la revalidation, des mannequins de démonstration… Grâce à sa facilité de maintenance et d’hygiénisation, le PVC est également utilisé dans le bâtiment de l’hôpital (revêtements des murs et des sols, fenêtres, conduites…).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les produits en PVC à usage unique peuvent être aisément recyclés en produits à usage à long terme. La collecte des produits PVC après usage est l’étape la plus simple, la séparation du PVC des autres matériaux est une activité plus laborieuse. Malheureusement, la présence de PVC dans de nombreux processus de recyclage d’autres plastiques peut rendre inutilisable le produit fini. Cela peut poser problème dans la collecte sélective des flux de plastiques: il ne peut pas s’y trouver de PVC ou il doit pouvoir en être éliminé de façon sélective.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="VinylPlus® Med – committed to sustainability in healthcare" src="https://player.vimeo.com/video/507966261?h=941394db6c&amp;dnt=1&amp;app_id=122963" width="800" height="450" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin"></iframe>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><a href="https://www.vinylplus.eu/sustainability/our-contribution-to-sustainability/vinylplus-med-accelerates-sustainability-in-healthcare/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">VinylPlus® Med Accelerates Sustainability in Healthcare</a><br><br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le projet pilote</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chef de projet de VinylPlus® Med, Vincent Stone, est extrêmement satisfait du résultat de ce projet pilote : « En un an seulement, nous avons pu collecter l’équivalent de 35.000 masques faciaux, soit environ 1 tonne de PVC (1 masque pèse environ 30 grammes), sur 10 sites hospitaliers. Il s’agissait d’un projet pilote pour lequel chaque hôpital devait être contacté individuellement et convaincu de participer. Cela a demandé du temps et de l’énergie. Mais nous avons quand même évité l’incinération de 35.000 masques ! Et c’est un beau résultat ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant les déchets médicaux à risque que non dangereux sont généralement incinérés, avec toutes les conséquences pour l’environnement et l’homme qui vont de pair avec l’incinération. Il est un fait que le coût du traitement des déchets à risque est plus élevé que celui des déchets non dangereux, de même que l’empreinte carbone des déchets à risque est 2 à 3 fois plus grande que celle des déchets non dangereux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Tous les produits à usage unique ont un grand impact sur l’empreinte carbone de l’ensemble du secteur de la santé (il est évalué à 25% en France). La gestion du matériel à usage unique est donc essentielle pour réduire le plus possible l’empreinte carbone. Des experts en analyse du cycle de vie ont calculé que chaque tonne de déchets en PVC recyclée permet d’éviter l’émission de 3 tonnes de CO2 par rapport à l’incinération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avantage pour l’environnement du recyclage versus l’incinération est dès lors évident», ajoute Vincent Stone. En outre, l’incinération des déchets en PVC est plus nocive que celle des autres plastiques en raison de la présence de chlore dans le PVC. Par conséquent, la non-incinération du PVC gagne encore en importance. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">En un an seulement, nous avons pu collecter l’équivalent de 35.000 masques faciaux, soit environ 1 tonne de PVC (1 masque pèse environ 30 grammes), sur 10 sites hospitaliers. Nous avons évité l’incinération de 35.000 masques</h3>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">L’enjeu du triage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’hôpital, les déchets à risque sont déjà séparés des déchets non dangereux: les premiers vont dans le conteneur jaune, les seconds dans le noir. Le recyclage est réservé aux déchets non dangereux en Belgique. Mais les déchets non dangereux ne sont pas tous en PVC. Dès lors, le PVC doit être séparé des autres plastiques et déposé dans des conteneurs spécialement prévus à cet effet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une condition importante pour effectuer un bon recyclage est de ce fait un bon tri du PVC. «Nous avons aidé les hôpitaux à faire l’inventaire de tous les produits en PVC qu’ils utilisent. Plus de 500 références ont été identifiées dans les différents hôpitaux afin que le personnel sache exactement quel PVC est autorisé dans nos conteneurs», explique le chef de projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les phtalates, utilisés pour rendre le PVC plus malléable et flexible, soient remplacés dans la plupart des applications dans les hôpitaux par des alternatives (les phtalates de bas poids moléculaire sont en effet nocifs pour la santé et l’environnement), «nous avons conçu un scanner capable de détecter la présence de phtalates dans le PVC collecté. Nous mettons tout en œuvre pour éviter que le PVC contenant des phtalates soit recyclé.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le recyclage mécanique est la meilleure solution pour les déchets en PVC », précise Inge Dewitte de Denuo, la fédération belge des entreprises actives dans le traitement et le recyclage des déchets, «parce que le PVC est une matière qui s’y prête parfaitement: il peut être recyclé 8 à 10 fois sans réelle perte de qualité. De plus, tous les produits médicaux en PVC que nous collectons se composent d’une seule couche de PVC, ce qui facilite le processus de recyclage. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La législation ne permet pas une circularité complète des plastiques: les plastiques utilisés pour les dispositifs médicaux ne peuvent pas contenir de matière recyclée. Il reste toutefois pas mal d’autres possibilités pour la réutilisation des matières premières. Le PVC récolté dans ce projet est recyclé en d’autres applications hospitalières à long terme, comme les revêtements muraux et de sol qui sont beaucoup utilisés dans les hôpitaux.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Le PVC est également utilisé dans des équipements hospitaliers à usage à long terme comme des housses de protection des matelas, du matériel de diagnostic et de test, des applications pour la revalidation, des mannequins de démonstration…</h3>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Trois partenaires</h2>



<p class="wp-block-paragraph">VinylPlus® Med est un projet axé sur une collaboration entre différents partenaires: le gestionnaire de déchets Renewi, le recycleur Raff Plastics et le coordinateur VinylPlus® en tant que représentant de l’industrie européenne du PVC.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La collecte, le transport et le stockage intermédiaire du PVC sont pris en charge par Renewi. L’entreprise livre les conteneurs dans lesquels doivent être déposés tous les sacs renfermant les déchets en PVC. Ces déchets sont ensuite amenés à l’entreprise de recyclage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Les matériaux en PVC y sont d’abord démontés, on enlève par exemple les élastiques et les plaquettes métalliques des masques buccaux, ainsi que les parties en plastique dur qui ne sont pas du PVC. Ce qui reste est broyé afin d’obtenir une matière première totalement conforme à la législation européenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Raff Plastics est une entreprise européenne certifiée de recyclage du plastique, ce qui signifie qu’elle recycle conformément à des normes strictes de contrôle de la qualité et avec une traçabilité totale de ce type de déchets. Elle doit aussi trouver un transformateur qui peut convertir le recyclat en une application hospitalière où la qualité du recyclat doit être conforme aux conditions fixées par le transformateur », ajoute Inge Dewitte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">VinylPlus® coordonne le tout et met à la disposition des hôpitaux tout le matériel nécessaire pour permettre une collecte efficace (par exemple des collecteurs de déchets, des posters de tri). Le coordinateur forme et coache aussi le personnel hospitalier, les sensibilise à la collecte séparée du PVC, communique largement sur le projet via les médias sociaux et la presse traditionnelle et, enfin et surtout, finance l’ensemble du projet.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Les produits en PVC à usage unique peuvent être aisément recyclés en produits à usage à long terme. La collecte des produits PVC après usage est l’étape la plus simple, la séparation du PVC des autres matériaux est une activité plus laborieuse.</h3>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.renewi.com/">Secondary material plastic | Photo Renewi</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.raffplastics.be/">“Unique to the RAFF Plastics range are our custom-colour granules. A specific shade of grey or a striking colour: thanks to our experienced processing processes and flexible production, we develop both standard colours and customised colours.” | Photo Raff Plastics</a></p>



<h2 class="wp-block-heading">En pratique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas que dans la population générale qu’on prend de plus en plus conscience de l’impact écologique de ses faits et gestes, à l’hôpital aussi. Nous sommes tous confrontés à de très nombreux déchets. Ce qui joue dans une institution de soins dans la collecte sélective des déchets, ce sont les contraintes de temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Les urgences sont un grand générateur de déchets en PVC, mais la collecte sélective y fonctionne moins bien parce que le personnel est souvent pressé par le temps. Si les contraintes de temps sont très élevées, peu d’attention est laissée au tri. Nous essayons de coacher le personnel et de l’informer sur ce que nous faisons avec le recyclat et de quelle manière cela peut réduire l’empreinte écologique de l’hôpital</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il n’est pas facile de faire en sorte que tout le monde agisse de manière cohérente. Un petit rappel est parfois nécessaire. Cela aide quand une personne est désignée dans l’hôpital pour porter le projet et se charger de la coordination interne. C’est aussi ce qui s’est passé aux Cliniques de l’Europe et depuis tout marche comme sur des roulettes et la collecte a décollé», explique Inge Dewitte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un ajustement est parfois nécessaire. Evelyn Vass, directrice opérationnelle des Cliniques de l’Europe : « Dans la phase initiale on a exigé trop de notre personnel en ce qui concerne le tri. Le personnel infirmier devait découper les parties qui ne sont pas en PVC dans les masques à oxygène avant de les placer dans les conteneurs à déchets spéciaux. Cela n’a pas été accepté car les soins sont leur tâche principale. Il a été convenu avec le coordinateur de ne plus faire faire cela par notre personnel et c’est maintenant le recycleur qui s’en charge. Cela a boosté la participation du personnel ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’endroit où est placé le conteneur à déchets supplémentaire dans la salle d’opération peut aussi constituer un obstacle relatif, car il n’y a plus beaucoup de place. Les hôpitaux décident eux-mêmes du type de poubelle à déchets qu’ils veulent utiliser (petit ou grand modèle) et s’il y a peu de place, ils peuvent opter pour une boîte plastifiée qui est aussi réutilisable. Luc Noé, infirmier chef coordinateur Quartier opératoire aux Cliniques de l’Europe: «Chez nous, la poubelle à PVC est placée dans la salle de réveil où le patient est installé après avoir quitté la salle d’opération et où la perfusion sera généralement remplacée».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Herman Devriese, chef de service Preventie en Milieu à l’UZ Leuven : « À l’UZ Gasthuisberg, nous avons commencé modestement avec ce projet pilote dans un nombre limité de salles, notamment au QO, dans le cadre de notre Groen OK. Nous devons bien réfléchir à comment organiser la collecte du PVC, où et quelles poubelles placer parce que nous nous trouvons quand même ici dans un environnement à risque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la raison pour laquelle un support spécial a été fabriqué qui peut être fixé au chariot à déchets. Idem pour le chariot d’anesthésie moyennant une petite adaptation du support de sorte qu’aucun support supplémentaire n&rsquo;a dû être ajouté et que la collecte puisse s’effectuer facilement. Nous ne faisons d’ailleurs pas une séparation à 100% des matériaux en PVC mais une collecte limitée. C’est ainsi que les applications qui sont entrées en contact avec des fluides corporels n’y sont pas déposées, tandis que le PVC qui a été en contact avec des liquides inoffensifs y est effectivement rassemblé. En outre, le tri dépend aussi du risque infectieux de chaque patient individuel ».</p>
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			</item>
		<item>
		<title>« Le CHU UCL Namur veut être dans les 5% »</title>
		<link>https://hospitals.be/fr/le-chu-ucl-namur-veut-etre-dans-les-5/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[OpenGraphy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 15:48:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine #17]]></category>
		<category><![CDATA[Michelle Cooreman]]></category>
		<category><![CDATA[Pauline Modrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ecrit par Pauline Modrie et Michelle Cooreman</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Michelle Cooreman<br></strong>Journaliste secteur de la santé</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pauline Modrie<br></strong>Conseillère en développement durable CHU UCL Namur</p>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Attachée à la direction générale du CHU UCL Namur, Pauline Modrie, bioingénieure, a été engagée pour une nouvelle fonction au sein du groupe hospitalier, celle de « conseillère en développement durable ». Le monde est en pleine mutation face aux défis/enjeux climatiques et le secteur de la santé ne peut pas rester les bras croisés. Comment cette fonction peut-elle aider l&rsquo;hôpital à relever les défis de sa pratique quotidienne ?</h3>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">« Le secteur de la santé doit s’engager dans le développement durable pour différentes raisons », explique Pauline Modrie. Selon l’OMS, les changements climatiques sont, aujourd’hui, la plus grande menace pour la santé de l&rsquo;humanité. Nos infrastructures aussi sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques (inondations, sécheresses, etc.). Prendre en compte cet enjeu majeur à l’hôpital est donc avant tout une question de risk management.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une deuxième raison se rapporte à l&rsquo;éthique. La pratique du soin aujourd’hui peut-elle encore ignorer la pression sur l&rsquo;environnement et l’exploitation des ressources qui amène inévitablement à dégrader les conditions de vie des patients les plus vulnérables qu&rsquo;on essaie de soigner par cette même médecine ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, certains chiffres montrent que les soins de santé en Belgique représentent jusqu’à 7,7% de l&#8217;empreinte carbone nationale. À l&rsquo;échelle mondiale, la moyenne est de 4,4%, ce qui n&rsquo;est pas négligeable. De plus, l&rsquo;hôpital, exerçant un rôle de modèle dans la société, ce qui s’y passe est dès lors important pour les changements sociétaux. Il est généralement estimé que pour qu’un changement de société opère, il suffit de 5 à 10% de la population pour constituer le point de bascule. Pour toutes ces raisons, il est important de travailler au développement durable à l&rsquo;hôpital .»</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le chemin de Pauline Modrie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le déclencheur de l’engagement de Pauline Modrie est l’exposition « Vivre ou survivre : un état des lieux de notre planète » au Musée des Sciences Naturelles de Belgique quand elle avait 15 ans. « J&rsquo;ai été bouleversée par cette exposition et j&rsquo;ai acheté le livre du même nom, que j&rsquo;ai toujours. Par après, j&rsquo;ai choisi des études de bioingénieur. Au cours de ces études, les étudiants sont fort sensibilisés à la biosphère, aux sciences de la terre, à tout le rapport à la terre, même si dans les études d&rsquo;ingénieur agronome &#8211; appelées ainsi à l&rsquo;époque &#8211; on apprenait aussi certaines pratiques agricoles qui ne sont pas forcément durables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a 20 ans, la dynamique autour du changement climatique prenait son élan. Jean-Pascal Van Ypersele que j&rsquo;ai eu comme professeur de climatologie, nous en parlait déjà. J&rsquo;ai fait ma thèse à l&rsquo;UCL sur les transferts de gènes de virulence entre bactéries, et travaillé un peu sur les biopesticides. Engagée chez GSK pour travailler sur les aspects de risk management, j&rsquo;avais déjà envie de pousser certains projets de développement durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Arrivée à l&rsquo;hôpital, en 2016 à Ottignies, j&rsquo;ai eu l’occasion de participer à l’installation d’un prototype d&rsquo;épuration de micropolluants, développé par un ami de thèse. La station d&rsquo;épuration a été installée et s&rsquo;est révélée ultra efficace en éliminant jusqu’à 90% des résidus médicamenteux. Il y a eu des communications sur le sujet, et cela a fait beaucoup de bruit, les gens étaient intéressés et voulaient soutenir le projet. Ayant par la suite déménagé dans la région de Namur, j&rsquo;ai eu l’occasion de rencontrer le CHU UCL Namur lors d’une journée des cadres sur le développement durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un poste de conseillère en développement durable a ensuite été créé et j’ai eu la chance d’être recrutée. Le travail est super intéressant. Il y a cet aspect de coopération au-delà de tous les aspects de marketing hospitalier ou de politique de réseaux que j&rsquo;aime bien. Quand on travaille avec des gens dans le développement durable, on a vraiment besoin de la coopération et je me rends compte que la coopération est hyper efficace pour tout le monde, y compris pour celui qui partage son travail. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;écoconception des soins</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre principes sous-tendent le rôle de la bioingénieure dans l&rsquo;hôpital afin d’obtenir la durabilité recherchée: capitaliser sur les défis et les acquis, renforcer les bonnes pratiques et faire émerger des projets, renforcer la capacité d&rsquo;action des collaborateurs, les collaborations internes et externes, et chercher à avoir un impact sur la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’augmentation de la capacité d&rsquo;action des collaborateurs est un principe important car ce qui impacte le plus le climat dans les soins de santé est principalement lié aux décisions que les responsables/soignants/ acheteurs vont prendre concernant notamment les médicaments, les dispositifs médicaux, la durée de vie des équipements, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de pouvoir travailler à toute cette partie, il faut que les personnes qui s&rsquo;y consacrent sur le terrain puissent faire des propositions écoresponsables et alternatives si possible. Un exemple: «Au bloc opératoire sur le site hospitalier de Godinne, l&rsquo;écoconception de la procédure d&rsquo;anesthésie a été abordée. À chaque étape, les anesthésistes ont réfléchi à ce qui était vraiment utile, quelles étaient les possibilités de réutilisation ou de substitution par des alternatives moins polluantes et comment revaloriser les déchets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parfois, une revue de la littérature permet simplement de retirer certaines choses, ou il suffit de remplacer des gaz anesthésiants par des gaz ayant un impact différent. Pour réaliser cette démarche, il est indispensable de faire monter les responsables en compétences concernant ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;écoconception des soins. Cela nécessite des formations. Nous avons un important programme de formation afin de sensibiliser tous nos cadres au développement durable. À cette fin, nous avons mis en place un laboratoire d&rsquo;idées où nos collaborateurs travaillent autour de l&rsquo;écoconception. Avec un financement de la Fondation Roi Baudouin, nous travaillons également à la conception d’un jeu à destination de tout le personnel pour stimuler cette capacité d&rsquo;action. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens ne se rendent pas toujours compte qu’il ne suffit pas uniquement de trier les déchets et de consommer moins de papier pour avoir un impact important sur la décarbonation des soins. Il faut le savoir mais surtout y remédier. Cet aspect méthodologique nécessite une personne pour donner et constituer les formations, cela fait partie du travail de Pauline Modrie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Selon l’OMS, les changements climatiques sont, aujourd’hui, la plus grande menace pour la santé de l&rsquo;humanité</h3>
</blockquote>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Renforcer les collaborations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En matière de transformations durables, la coopération est un principe capital, tant les collaborations en interne qu&rsquo;avec d&rsquo;autres institutions de soins. «Au CHU UCL Namur, nous échangeons énormément avec les autres hôpitaux, et pas uniquement en ce qui concerne le développement durable mais à tous les niveaux. Je me dis que ce n&rsquo;est pas parce que les autres sont bons que notre travail sera moins bon, que du contraire. C&rsquo;est bénéfique pour tout le monde, y compris pour moi, et ces échanges font vraiment avancer nos bonnes pratiques de manière fulgurante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous collaborons aussi avec des associations, par exemple avec Health Care without Harm (cf. numéro précédent du magazine), nous partageons des études de cas, nous avons accès à des vidéoconférences, etc. Nous collaborons également avec l&rsquo;UNESSA, notre fédération d&rsquo;hôpitaux, pour essayer de maximiser le partage des bonnes pratiques et avec le SPF Santé pour des enquêtes sur la circularité, les achats… Nous avons aussi le devoir de donner de l&rsquo;input pour qu’à l&rsquo;échelle des autorités les décisions prises aillent dans le bon sens. Je gère tout l&rsquo;aspect collaboratif dans mon travail. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">On est allé trop loin, trop vite en passant au tout jetable, sans prendre en compte les limites planétaires</h3>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Avoir un impact sur la société</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour renforcer ce rôle d&rsquo;effet boule de neige et d&rsquo;effet bascule dans la société concernant les changements à adopter, deux approches sont privilégiées :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Organiser des conférences de sensibilisation sur le sujet </strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, le 13 juin, le CHU UCL Namur a organisé sur le site de Godinne les premières «Assises de la transformation durable des institutions de soins», en collaboration avec le groupe Santé des Shifters* Belgique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a eu des conférences phares sur le lien climat-santé, avec Emmanuel André, une conférence sur l&rsquo;approche systémique de la transformation durable dans les hôpitaux, des ateliers pratiques sur comment calculer son empreinte carbone, sur la pédagogie de la transition, sur la fresque du climat, sur toutes les interactions autour du changement climatique, suivies de courtes présentations sur l&rsquo;écoconception des soins et enfin une table ronde. Ce genre d&rsquo;événement est important en termes de sensibilisation.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Stimuler la recherche autour des thématiques liées au développement durable</strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">« En tant qu’hôpital universitaire, initier de la recherche fait partie de notre mission. Nous avons décidé de nous focaliser pour le moment sur les micropolluants. Suite à la prise d&rsquo;un médicament, 70% se retrouve dans les eaux usées. L&rsquo;hôpital n&rsquo;est pas l&rsquo;unique problème, mais c&rsquo;est un endroit où sont consommées beaucoup de molécules et où on peut illustrer les effets en amont &#8211; comment réduire l&rsquo;évacuation de tous ces médicaments qui vont être excrétés via les urines, le nettoyage, etc. &#8211; et en aval &#8211; toute la problématique de l&rsquo;épuration des eaux usées entre autres. Nous avons un projet de recherche en cours sur la caractérisation de nos effluents; un autre projet démarre avec un étudiant en médecine qui consacre son TFE à « comment intégrer dans le choix de nos médicaments les aspects de persistance &#8211; toxicité – et de bioaccumulation dans notre environnement. »»</p>



<p class="wp-block-paragraph">*Le Shift Project est un think tank en France qui a rédigé des rapports et des plans de transformation de l&rsquo;économie française. Pour tous les secteurs essentiels de la société &#8211; aussi pour les soins de santé -, ils ont déterminé le plan à adopter pour les décarboner, notamment en travaillant sur chacune des parties avec des actions concrètes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les enjeux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En travaillant sur ces quatre aspects, le but est de répondre à deux enjeux principaux: (1) la décarbonation des soins de santé pour limiter nos émissions de CO2 mais aussi mitiger/réduire notre dépendance aux énergies fossiles, sachant qu’on ne pourra prochainement plus capitaliser sur une énergie carbonée et (2) éviter l&rsquo;érosion de la biodiversité et nos pollutions, ce qui est lié en partie aux résidus médicamenteux dans les effluents mais aussi aux aménagements favorisant la biodiversité. Aux Journées d&rsquo;Architecture en Santé (JAS), Pauline Modrie a présenté un projet de biodiversité réalisé sur le site hospitalier de Sainte-Élisabeth, choisi expressément parce qu&rsquo;il est très urbanisé (cf. encadré).</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ce n&rsquo;est pas la mission de l&rsquo;hôpital d&rsquo;installer des hôtels pour insectes et des ruches, c’est bien plus fondamental : créer des lieux privilégiés de sensibilisation aux liens santé-environnement, à notre rapport à la nature. Quand on parle de développement durable, on peut rester dans la strate technique et penser qu&rsquo;en décarbonant, tout ira bien. Mais cela ne fonctionne pas ainsi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut s&rsquo;interroger sur le modèle de société voulu et le rapport à la nature désiré. Il faut presque aussi intégrer une approche philosophique dans tout cela et c&rsquo;est un peu mon rôle dans l&rsquo;hôpital en travaillant sur les quatre aspects cités: capitaliser sur les défis et les acquis, renforcer les bonnes pratiques et faire émerger des projets, renforcer la capacité d&rsquo;action des collaborateurs et les collaborations, et avoir un impact sur la société, notamment avec la question de la recherche. Mon rôle est aussi d&rsquo;aller chercher des financements pour des projets et j’établis régulièrement un cadastre de tous les appels à projets. En 3 mois, j&rsquo;ai obtenu 94.000 euros de budget pour arriver à réaliser nos projets. Il y a moyen de créer une dynamique vertueuse autour du développement durable. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Nous avons un important programme de formation afin de sensibiliser tous nos cadres au développement durable</h3>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Impacts en cascade</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sans opposer le dogme croissance-décroissance en évoquant les avancées thérapeutiques et diagnostiques des dernières années vs le développement durable, il est plus judicieux de parler de renforcer la circularité et une meilleure utilisation des ressources, toujours dans l’intérêt du patient avec pour objectif la qualité et la sécurité des soins. Par exemple, la dynamique de déprescription des médicaments dans l’intérêt du patient est aussi très importante, au niveau de son impact environnemental et de la qualité des soins. Car ce sont surtout les médicaments qui vont impacter le bilan carbone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il dès lors revenir en arrière concernant le matériel jetable?</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Oui, effectivement, il ne faut pas se le cacher, j&rsquo;appelle cela les initiatives « retour vers le futur ». On est allé trop loin, trop vite en passant au tout jetable, sans prendre en compte les limites planétaires. Aujourd&rsquo;hui, on dit stop et on se rend compte qu’on ne faisait pas si mal avant. De plus, il est vrai qu&rsquo;on est passé au tout jetable essentiellement pour une question de prix et pas forcément pour une question de qualité. Mais ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on est dans le réutilisable qu&rsquo;on n&rsquo;est pas dans la qualité. Quand on aborde une thématique d&rsquo;écoconception, les gens la prennent souvent sous l&rsquo;angle des déchets, qui en fait ne représentent qu’une partie mineure de l&rsquo;impact. Par contre, il est intéressant de travailler sur les déchets parce que cela permet (1) de prendre conscience de ce qu&rsquo;on consomme, (2) puis d&rsquo;examiner la possibilité de remplacer la chose achetée par une autre plus durable, (3) ou de la réutiliser et (4) finalement peut-être la supprimer totalement, en montant dans l&rsquo;impact à chaque fois. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fonction dans chaque hôpital ?</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">« Pour arriver à un grand changement de société, il faut qu’environ 5% de la population adopte le changement et en parle. Le CHU UCL Namur veut être dans ces 5%, pour notre hôpital et pour la société. » | Pauline Modrie</h3>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pauline Modrie plaide pour l&rsquo;engagement d&rsquo;un conseiller en développement durable dans chaque hôpital. Il faut une personne qui pilote de manière stratégique pour obtenir l&rsquo;effet boule de neige. «Le fait de rapporter à la direction générale me donne vraiment un levier d&rsquo;action qui devient intéressant. Il faut garder le cap de la stratégie même si je suis très partisane du résultat et d’améliorer des petites choses qui permettent d’avancer.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;objectif final doit être un changement de culture et une montée en compétences. Le monde change d&rsquo;époque et les personnes ont envie d&rsquo;agir. Tous les aspects &#8211; formation, collaboration, recherche &#8211; aident à s&rsquo;adapter. Zakia Khattabi, la ministre fédérale du Climat, de l&rsquo;Environnement, du Développement durable et du Green Deal, s&rsquo;est engagée lors de la COP 26 à atteindre une neutralité carbone en 2050. C&rsquo;est l&rsquo;objectif que nous avons tous au niveau de la décarbonation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Cependant, il ne faut pas travailler uniquement sur la décarbonation, il y a la biodiversité, les polluants chimiques, qui sont pour moi tout aussi importants et qu&rsquo;il ne faut pas oublier. Il ne faut pas que nos politiques ne voient que l&rsquo;aspect carbone parce que nous ne pouvons pas continuer à polluer l’eau en masse pendant des années sans générer d&rsquo;autres soucis, notamment au niveau de la santé. Arriver à la neutralité carbone ne dépend pas que de l&rsquo;hôpital, les firmes pharmaceutiques doivent aussi décarboner tous leurs processus, il faut que les autorités publiques nous accompagnent. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Au début, cela me frustrait énormément que tout le monde ne s&rsquo;y mette pas. Maintenant, je sais que pour arriver à un grand changement de société, il faut qu’environ 5% de la population adopte le changement et en parle. Le CHU UCL Namur veut être dans ces 5%, pour notre hôpital et pour la société. »</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Le développement durable à la conquête des hôpitaux</title>
		<link>https://hospitals.be/fr/le-developpement-durable-a-la-conquete-des-hopitaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[OpenGraphy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 14:33:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine #16]]></category>
		<category><![CDATA[Maï Shafei]]></category>
		<category><![CDATA[Michelle Cooreman]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://hospitals.be/?p=95246</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ecrit par Michelle Cooreman et<br />
Maï Shafei</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Greening the Brussels healthcare sector</h2>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-7387b849 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Michelle Cooreman<br></strong>Journaliste secteur médical</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maï Shafei<br></strong>Coordinatrice Greening the Brussels Healthcare</p>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Le secteur de la santé ne peut pas rester les bras croisés en matière de développement durable. L&rsquo;impact des hôpitaux sur l&rsquo;environnement est encore souvent sous-estimé. En Europe, leur poids économique est estimé à 10% du PIB. De plus, ils sont responsables de 5,5% des émissions de gaz à effet de serre au niveau européen. Le secteur a d&rsquo;autres priorités – éminemment valables – mais le développement durable mérite une réflexion. Six hôpitaux bruxellois se sont engagés à investir dans la transition climatique et dans l’économie circulaire via le projet Greening the Brussels Healthcare Sector.</h3>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Passionnée par le développement durable en lien avec la santé, Maï Shafei travaille à Bruxelles pour l&rsquo;organisation Health Care Without Harm (HCWH) Europe. « Cette organisation a été créée dans les années 1990 aux États-Unis et existe depuis une vingtaine d’années en Europe. Bien que nous fonctionnions indépendamment, la ligne stratégique en développement durable est la même et axée sur plusieurs thèmes – Circular Healthcare, Climat-Smart Healthcare et Safer Pharma – toujours en rapport avec les soins de santé. Nos membres adhérents sont les hôpitaux ou les organisations qui offrent des soins de santé dans les différents pays. Récemment, nous avons accueilli un membre dans un 24e pays. D&rsquo;autres programmes visent les spécialistes des soins de santé comme les médecins via Doctors for Greener Healthcare et les infirmiers/infirmières via le Nurses Climate Challenge, des programmes axés sur les émissions de gaz à effet de serre et le changement climatique, ou encore les pharmaciens pour tout ce qui concerne l&rsquo;approvisionnement. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Dans le cadre des soins de santé circulaires et des plastiques, nous aimerions effectuer une analyse de marché à la recherche de produits remplaçant certains produits à usage unique ou certains plastiques à forte concentration de perturbateurs endocriniens.</h3>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Un premier projet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les demandes de projets, aux niveaux local, régional ou européen, peuvent émaner d&rsquo;autres partenaires, d&rsquo;autres ONG, d&rsquo;universités ou des hôpitaux. En Belgique, en mars 2022, un premier projet a été lancé avec 6 hôpitaux bruxellois: le CHU Brugmann, le CHU Saint-Pierre, les Cliniques de l’Europe, les Cliniques universitaires Saint-Luc, l&rsquo;Hôpital universitaire de Bruxelles et le CHIREC. Le projet Greening the Brussels Healthcare Sector s&rsquo;étalait du 1er mars 2022 au 28 février 2023, fin de la première phase.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour financer un projet, HCWH Europe cherche des subsides ou des donations. Dans ce cas-ci, c&rsquo;est la COCOM qui a financé le projet pendant 1 an et une demande de reconduction du projet pour passer dans une deuxième phase a été déposée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Pour ce projet, nous avons travaillé autour de 2 piliers: (1) formation, sensibilisation, éducation, et (2) projet/ action pilote. J&rsquo;ai donné au cours de l&rsquo;année 3 formations avec des collègues sur le circular healthcare, c&rsquo;est-à-dire ’intégration du modèle d&rsquo;économie circulaire dans les soins de santé, avec un axe plutôt centré sur la réduction du plastique, des déchets et des produits chimiques toxiques (notamment les perturbateurs endocriniens). Il y a eu 1 session en présentiel à la Clinique de l&rsquo;Europe en juin et 2 sessions en ligne (webinar) pour le personnel médical et les infirmiers sur le même thème adapté au domaine médical.»</p>



<h2 class="wp-block-heading">Témoignage d’un hôpital participant au projet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative a permis de rencontrer des confrères bruxellois travaillant sur les mêmes thèmes et rencontrant les mêmes difficultés. Au sein du groupe, nous échangeons des astuces pratiques mais également les succès de chaque institution afin qu’ils puissent être répliqués ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque membre prend part aux réunions dans un esprit collaboratif, mais cela ne suffit pas… Nous manquons de soutien financier pour passer à l’action à grande échelle sur nos sites! Actuellement, il n’y a pas de subside, d’appels à projets ou d’aide à l’investissement facilement accessibles pour nos hôpitaux dans le domaine du développement durable. Les hôpitaux bruxellois sont toutefois prêts à avancer !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marie Loriaux<br></strong>Transversal Projet Manager, Cliniques de l’Europe</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Maï Shafei s&rsquo;occupe principalement de l&rsquo;organisation pratique des formations. Pour les aspects techniques, HCWH Europe fait appel à des intervenants externes. «Nous avons une série de contacts dans d&rsquo;autres organisations, dans les domaines universitaire, pratique, médical ou encore dans d&rsquo;autres hôpitaux avec lesquels nous avons déjà travaillé et qui amènent des exemples de réalisations. Par exemple, un hôpital à Angoulême en France est venu témoigner de son expérience avec des couches réutilisables. D&rsquo;autre part, l’organisation a développé une méthodologie, un outil pour que l&rsquo;hôpital puisse évaluer son bilan carbone, et un modèle de plan de gestion du carbone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme il a été développé en interne, je peux le présenter lors d&rsquo;une session sur le climat, avec éventuellement d&rsquo;autres intervenants pour donner des informations complémentaires ou des exemples de ce qui a été mis en place chez eux. Afin de propager les bonnes pratiques dans notre réseau de membres, en plus du site public <a href="https://noharm-europe%20.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener nofollow">No Harm Europe</a>, nous avons mis en ligne un site uniquement accessible aux membres (GGHH, Global Green and <a href="https://greenhospitals.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener nofollow">Healthy Hospitals</a> avec différentes ressources (par exemple le plan de modèle de gestion du carbone) et des fiches d&rsquo;études de cas au niveau mondial. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Passons à l&rsquo;action</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;action de ce projet consistait à amener les 6 hôpitaux bruxellois participants sur une trajectoire de réflexion concernant la manière dont peut être mis en place le développement durable dans leur établissement. Beaucoup avaient déjà installé une équipe d&rsquo;écoresponsables réalisant du bon travail de base. «Ils n&rsquo;étaient dès lors pas au point zéro quand nous avons commencé, loin de là, mais nous avons pu les aider. Mon but dans ce projet était de leur demander d&rsquo;effectuer une étude, soit sur leur utilisation du plastique, soit sur leurs émissions de gaz à effet de serre, soit sur la collecte des déchets.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Mon but dans ce projet était de leur demander d&rsquo;effectuer une étude, soit sur leur utilisation du plastique, soit sur leurs émissions de gaz à effet de serre, soit sur la collecte des déchets.</h3>



<h3 class="wp-block-heading">La reconduction du projet permettra, entre autres, d&rsquo;approfondir le bilan carbone et permettra de réaliser une suite du projet.</h3>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai suivi leurs parcours pour faire le bilan en fonction des circonstances propres à chaque hôpital et en fonction aussi de leurs capacités. Car le délai de 1 an est très court et ils doivent le réaliser en plus de leur charge de travail habituelle. En fonction de chaque hôpital individuellement, j&rsquo;ai essayé avec nos ressources internes de les faire avancer afin d&rsquo;avoir une bonne image de leur position actuelle.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mois de février est réservé à la clôture de la collecte des données et à l&rsquo;élaboration d&rsquo;un plan d&rsquo;action unique au projet qui pourra s&rsquo;intégrer dans la stratégie de leur hôpital. Ensuite, c&rsquo;est aux directions de voir ce qui est possible de mettre en place sur le terrain, l&rsquo;organisation n&rsquo;imposant rien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une suite pour le projet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La reconduction du projet – si les subsides demandés sont accordés – permettra de réaliser une suite du projet. « Dans la première phase, nous avons très vite délaissé l&rsquo;alimentation car ce domaine est difficile à contrôler. Mais dans une deuxième phase, nous aimerions créer un critère que les hôpitaux pourraient utiliser dans leurs marchés publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre des soins de santé circulaires et des plastiques, nous aimerions effectuer une analyse de marché à la recherche de produits remplaçant certains produits à usage unique ou certains plastiques à forte concentration de perturbateurs endocriniens. Dans le thème climat, l&rsquo;objectif est d&rsquo;approfondir le bilan carbone – certains domaines dans le bilan sont compliqués à cerner – et d&rsquo;examiner la possibilité de création d’un plan de gestion du carbone plus solide.»</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les bénéfices pour l’hôpital</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les participants aux projets de HCWH Europe se mobilisent tant pour l&rsquo;environnement à proprement parler que pour les répercussions qu&rsquo;il peut avoir sur notre santé et les effets qui en découlent et impactent par après nos soins de santé. Pensons à la sécheresse, aux inondations et à l&rsquo;effet de la hausse de la température sur la santé des personnes vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le projet Greening the Brussels Healthcare Sector a permis de créer des liens entre des hôpitaux qui communiquent parfois bien entre eux, mais souvent trop peu. Je crois que la création de liens entre personnes partageant les mêmes idées et voulant avancer sur le développement durable en milieu hospitalier a énormément d&rsquo;impact et les amènera à réaliser des petits projets dans leurs hôpitaux respectifs. Et les petits succès peuvent avoir beaucoup d&rsquo;impact sur les projets futurs. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://noharm-europe.org/issues/europe/project-greening-brussels-healthcare-sector" target="_blank" rel="noreferrer noopener nofollow">Greening the Brussels healthcare sector</a></p>
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